Gaël dans son monde

Parce que je vois, j'entends, je vis tellement de choses... et j'ai si peu de mémoire!

30 juin 2007

Paulette et Roger

223130_54167_2Roman de Daniel Picouly (2001)
Livres de Daniel Picouly déjà lus : Le Champ de personne (1995), L'Enfant léopard (1999), La Treizième Mort du chevalier (2003), Le Coeur à la craie (2005), Un beau jeudi pour tuer Kennedy (2006).

Quatrième de couverture :
En novembre 1943, le narrateur est parachuté sur la France occupée, du côté de Vauzelles, dans le Morvan. Circonstances singulières : il a l'air d'avoir douze ou treize ans, mais, en réalité, il ne naîtra que cinq ans plus tard.
Qui n'a rêvé de savoir ce qui s'est passé avant lui, et de quelle histoire d'amour il est issu? Ce rêve, la magie du roman permet ici à l'auteur de
L'Enfant léopard (Prix Renaudot 1999) de le réaliser. Il va assister au mariage de Paulette, veuve, neuf enfants, et de Roger, Martiniquais de Tarbes, de sept ans son cadet. Il va trembler pour ce "P'pa" lancé dans l'aventure de la Résistance. Et ce garçon en culottes courtes va nous montrer l'Occupation et la guerre comme nous ne les avons jamais vues...

Toujours dans sa veine autobiographique romancée, mais ici en trichant avec la chronologie, et même les possibilités scientifiques du temps, Picouly réalise donc un fantasme qui a dû traverser la tête de nombreux enfants, à savoir comment vivaient et étaient ses parents avant sa propre naissance. Ce parti pris dopicouly_danielnne un roman passionnant, drôle (l'écriture de Picouly est toujours un réel plaisir pour les yeux et les oreilles, digne descendant de Prévert ou de Queneau), mais surtout une impression de rêve pendant toute l'histoire. En effet, le narrateur peut se permettre de passer d'un épisode de la vie de ses parents à un autre sans liaison géograhique et temporelle, juste par le biais des associations d'idées et des digressions. La présence de ce personnage, garçon d'une douzaine d'années, présent et actif dans l'histoire, sans pour autant créer des conséquences qui pourraient être fâcheuses pour le futur, notamment sa naissance. (Souvenez-vous de l'effet boule de neige dans Retour vers le futur!), nous donne un regard omniscient et cocasse sur les événements. Picouly nous livre ici une véritable déclaration d'amour à ses parents, à la vie et à l'imagination.

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25 juin 2007

Saw (id)

sawFilm de James Wan (2004) avec Cary Elwes, Danny Glover, Leigh Whannell, Monica Potter, Ken Leung ...
Films de James Wan déjà vus : aucun.

Depuis le temps que j'en entendais parler de ce film, il était temps que je le vois : c'est chose faite. Est-ce vraiment le film ultime qui fait super peur et tout? Non. Est-ce que j'ai été déçu par ce film? Non plus. Saw est un petit bijou de perversité, qui joue avec nos intestins et nos angoisses. Dans ce film, un serial killer s'amuse à mettre en situation des personnes qui doivent tuer quelqu'un d'autre, ou aller à l'extrême de leur capacité, pour survivre. Tout ceci dans le but de leur montrer ce que c'est réellement vivre. On est bien d'accord, ce type est complètement givré. Pourtant, l'idée n'est pas si idiote en soit. Combien de journéessaw dans notre existence avons-nous vraiment vécues, pendant lesquelles on a ressenti un réel bonheur d'être en vie? Finalement, très peu. Et quand peut-on mieux apprécier notre vie qu'au bord de la mort? Un film qui dérange, certes, parce qu'il nous oblige à avouer une part d'insupportable, mais qui nous interroge sur le prix de notre vie, et jusqu'où on serait prêt pour la préserver. En plus de cela, l'intrigue en elle-même est rondement bien ficelée. Ou comment un très bon film tient surtout en ses idées, et non en ses moyens!

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Le Visage du plaisir (The Roman Spring of Mrs. Stone)

visage_du_plaisir_leFilm de José Quintero (1961) avec Vivien Leigh, Warren Beatty, Lotte Lenya, Coral Browne, Jill St. John ...
D'après le roman Le Printemps romain de Mrs. Stone de Tennessee Williams

Films de José Quintero déjà vus : aucun.

Adapté d'un des rares romans de l'auteur, Le Visage du plaisir traite de la solitude dans la vieillesse, mais aussi de la sincérité des relations chez les gens fortunés. D'après Tennessee Williams, ce film était sa préférée des adaptations ciné de ses oeuvres, et pour cause, le personnage de Mrs. Stone, interprété par Vivien Leigh, est probablement celui qui ressemblait le plus à son créateur. Pourtant, malgré une matière première probablement riche et l'interpétation de Vivien Leigh, on a du mal à se laisser aller dans ce film. Le réalisateur, qui signe ici sa seule incursion dans le cinéma, était un grand metteur en scène de théâtre. Le problème, c'est qu'il a dû oublier de réviser ses cours sur le rythme cinématographique, car son film est d'une chiantise son nom. De plus, Warren Beatty incarne un italien peu crédible, et n'a pas l'air spécialement à l'aise avec son rôle, au contraire de Lotte Lenya, qui elle en fait des tonnes. Ce film est d'un pessimisme plombant, on n'arrive même pas à compatir pour l'héroïne. Je pense que le roman en vaut plus la peine (en tout cas, je l'espère!).

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Boulevard de la mort (Death Proof)

boulevard_grindhouseFilm de Quentin Tarantino (2007) avec Kurt Russell, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Jordan Ladd, Rose McGowan ...
Films de Quentin Tarantino déjà vus : Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (1994), Jackie Brown (1997), Kill Bill : vol.1 (2003), Kill Bill : vol.2 (2004).

Après l'événement qu'avait été le dyptique de Kill Bill, j'estimais que Tarantino avait mis la barre tellement haut qu'il aurait du mal à me surprendre. C'était mal jugé le bonhomme! Le réalisateur fait de ce film un hommage, plus que ses précédents opus, aux films de genre de série Z qu'il affectionne particulièrement. Il en a même repris les sautes d'images, les fautes de raccords et autres aberrations scénaristiques. Le film reprend deux fois le même schéma : on suit d'abord les réunions désoeuvrées d'une bande de jeunes femmes libérées, sous la surveillance d'un homme plus que louche, qui s'est donné pour mission de les éliminer sur la route à l'aide de sa voiture. Tarantino filme l'ennui de ces filles de façon passionnante, au fil de leurs conversations d'une grossièreté sans nom, mais qui sonnent tellement naturelles, grâce au jeu des comédiennes, toutes parfaites et au diapason. Ces scènes langoureuses et fascinantes jouent avec les nerfs du spectateur, qui n'attend qu'un seul moment, celui où elles devront irrémédiablement prendre la route, et ainsi devenir les proies d'ungrind_3 cascadeur psychotique dont on ne connaîtra jamais les motivations. Si ce n'est quelques accessoires contemporains (un portable, un lecteur MP3), on se croirait vraiment au coeur d'un film des années 70. Tarantino s'est donné beaucoup de mal pour donner un look cheap à son film. Il s'en dégage un charme incroyable, des montées d'adrénaline super efficaces, et un finale ô combien jouissif. Tout ceci, bien sûr, agrémenté d'une bande-son comme seules Tarantino sait les dénicher. Encore un film en passe de devenir culte à mettre au palmarès de ce réalisateur qui n'a pas fini de nous surprendre.

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Faussaire (The Hoax)

18774804_w434_h578_q80Film de Lasse Hallström (2006) avec Richard Gere, Alfred Molina, Hope Davis, Marcia Gay Harden, Stanley Tucci ...
D'après le livre The Hoax de Clifford Irving

Films de Lasse Hallström déjà vus : Gilbert Grape (1993), Amour et mensonges (1995), L'Oeuvre de Dieu, la part du Diable (1999), Le Chocolat (2000), Terre-Neuve (2001).

Ce film s'inspire d'une histoire vraie : dans les années 70, un écrivain que personne ne veut publier a l'idée de faire croire à tout le monde qu'il est en rapport avec le milliardaire Howard Hughes, homme des plus mystérieux, afin d'écrire l'autobiographie de la star. Même si le jeu des acteurs est honnête (Richard Gere abandonne quelques-uns de ses ticsstory prettywomaniens, et Alfred Molina est énorme, comme d'habitude), ce film ne peut s'empêcher d'avoir des airs de déjà-vu. Déjà que le scénario nous laisse deviner aisément la fin dès le départ, l'histoire de Clifford Irving étant plus ou moins connue, mais le déroulement de l'intrigue semble s'être inspirée de pleins de films du genre, sans en pouvoir en citer un seul en particulier. Bref, c'est pas déagréable à regarder, mais on a quand même bien du mal à repérer des moments vraiment excitants ou passionnants.

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La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a Hot Tin Roof)

chatte_brulantFilm de Richard Brooks (1958) avec Elizabeth Taylor, Paul Newman, Burl Ives, Jack Carson, Judith Anderson ...
D'après la pièce La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams

Films de Richard Brooks déjà vus : Bas les masques (1952), La Dernière Fois que j'ai vu Paris (1954), Graine de violence (1955), Les Frères Karamazov (1958), Elmer Gantry, le charlatan (1960), À la recherche de Mr. Goodbar (1977).

Ne vous étonnez pas si vous voyez encore venir des critiques de quelques adaptations cinématographiques des oeuvres de Tennessee Williams sur ce blog, je viens d'acheter un coffret de DVDs consacrés au dramaturge. Et même si j'en ai déjà vu quelques-uns avant (Un tramway nommé Désir, La Chatte sur un toit brûlant), ça me permet de les apprécier de nouveau, et de pouvoir aussi en faire une petite critique ici.
Loin du milieu populaire dans lequel baignait le duel Vivien Leigh/Marlon Brando, Richard Brooks a choisi La Chatte sur un toit brûlant, conflits dans une famille de grand propriétaire du Sud des Etats-Unis, à la veille de la mort du fondateur de l'empire. Conflits au pluriel, car en effet, deux intrigues se déroulent et s'emmêlent : d'un côté une bagarre familiale, qui oppose Brick (Paul Newman) à sa famille, et notamment à son père, mais aussi une affaire de couple entre Brick et son épouse Maggie (Elizabeth Taylor). Cette adaptation dépeint exactement l'idée que je me fais de l'univers de Tennessee Williams : des êtres incompris4290catona, qui souffrent souvent d'une pathologie psychologique qui les bouffe (il est souvent question d'homosexualité latente, exprimée plus ou moins explicitement), et en conflit avec ses proches. La fin de ce film est néanmoins moins noire et ambiguë que celle de Un tramway nommé Désir, mais les personnages n'en choisissent pas pour autant le chemin le plus facile pour régler leurs différends. Comment faire face à ses propres démons? Comment trouver sa place dans le monde et au sein des siens? Voici les ingrédients de ce film passionnant et jouissif, qui brise la bienséance et l'hypocrisie généralisées, de mise dans notre société moderne.

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21 juin 2007

Taking Lives - Destins violés (Taking Lives)

taking_livesFilm de D.J. Caruso (2004) avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Kiefer Sutherland, Gena Rowlands, Olivier Martinez ...
D'après le roman Destins violés de Michael Pye

Films de D.J. Caruso déjà vus : aucun.

Je ne sais pas encore pourquoi je suis friand des films de serial killers, il y en a tellement peu de bons. C'est donc quand même avec enthousiasme que je me plongeai dans ce film. La première scène était prometteuse : on assiste au premier meurtre du tueur, alors encore un adolescent. Puis on arrive de nos jours, lorsque la police de Montréal retrouve un corps dans un chantier, et un témoin qui aurait tout vu. Le problème, c'est qu'on dtaking_livesevine plus ou moins la fin dès le début, on se demande juste comment ils vont y arriver. En fait, tant que l'enquête est en marche, ça reste intéressant, même si Angelina Jolie, telle Lara Croft en tailleur pantalon, n'a qu'une seule expression botoxée pendant tout le film. Le pire réside dans la dernière demie-heure, lorsque qu'ils nous refont le coup mille fois vu au cinéma du : "Ah putain, c'était pas lui, c'était l'autre!!!" Sauf que non, ça marche pas, et on se dit qu'un tueur en série qui a réussi à vivre pendant vingt ans sans se faire prendre, ne va pas mordre à l'hameçon d'un piège aussi grossier que celui de la fin. Ca se laisse regarder, mais pas deux fois!

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20 juin 2007

Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire)

tramway_desirFilm d'Elia Kazan (1951) avec Vivien Leigh, Marlon Brando, Kim Hunter, Karl Malden, Rudy Bond ...
D'après la pièce Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams
Oscars de la Meilleure Actrice (Vivien Leigh), du Meilleur Second Rôle masculin (Karl Malden), du Meilleur Second Rôle féminin (Kim Hunter) et des Meilleurs Décors.
Prix Spécial du Jury et Coupe Volpi de l'interprétation féminine (Vivien Leigh) au Festival de Venise 1951

Films d'Elia Kazan déjà vus : À l'est d'Eden (1955), Baby Doll (1956), America, America (1963).

Rares sont les films que l'on peut qualifier de mythiques. En voici un superbe exemple. Ce n'est pas qu'il soit parfait, loin de là. Finalement, Elia Kazan ne fait que reprendre l'intrigue de la pièce de Tennessee Williams, qui eut un succès fulgurant à l'époque, et est toujours une des pièces favorites du monde du théâtre. Ce n'est pas non plus dans la mise en scène et les effets de caméra qu'il faut chercher le génie de ce film, Kazan étant surtout un maître de la direction d'acteurs. C'est d'ailleurs bien là que réside la magie d'Un tramway nommé Désir : ses acteurs. Même si Kim Hunter et Karl Malden campent des seconds rôlesscnd6 criants de vérité, et si Vivien Leigh est magistrale dans son incarnation d'une névrosée égocentrique et manipulatrice, et qu'ils ont chacun reçu un Oscar pour leur interprétation, c'est bien Marlon Brando, le laissé pour compte de la cérémonie, qui reste dans toutes les mémoires à l'évocation de ce film. Marlon Brando invente l'homme moderne à l'écran. C'est l'arrivée de la fameuse "méthode" (méthode Stanislavsky) de l'Actor's Studio qui arrive au cinéma, et avec elle une nouvelle vérité dans le jeu des acteurs. Dans ce film, Brando incarne l'homme le plus beau et le plus sexy de tous les temps, une bombe de sensualité à retardement. Il arrive à mêler la bestialité et la violence de l'homme macho tout en gardant une dignité et une intelligence dignes d'un gentleman. Si vous n'avez pas encore vu ce film, vous ne pouvez pas comprendre pourquoi autant d'hommes aujourd'hui portent un T-shirt!

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19 juin 2007

Mississippi Burning (id)

mississippi_burningFilm d'Alan Parker (1988) avec Gene Hackman, Willem Dafoe, Frances McDormand, Brad Dourif, R. Lee Ermey ...
Oscar de la Meilleure Photographie
Ours d'argent d'Interprétation (Gene Hackman) au Festival de Berlin 1989

Films d'Alan Parker déjà vus : Midnight Express (1978), Les Commitments (1991), Evita (1996).

Rares sont les films qui peuvent vous prendre aux tripes à ce point-là! Ce film arrive à attiser notre colère pour plusieurs raisons. Tout d'abord le sujet du film : dans les années 60, deux agents du FBI sont envoyés dans le Mississippi pour enquêter sur la disparition de trois jeunes militants de la cause noire. Ils vont vite découvrir qu'ils ont affaire au Ku Klux Klan. Ecouter ces personnages déblatérer sur l'infériorité des Noirs pendant tout le film, sans l'once d'un remords, donne déjà des envies de hurler. De plus, les enquêteurs vont faire face à l'influence omniprésente du Ku Klux Klan, qui trouve des réprésentants jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. L'enquête ne peut avancer si la justice est corrompue. Mais ironiquement, l'enquête est obligée d'être menée selon un certain promississippi_burning_die_wurzel_des_hassestocole pour ne laisser aucune brêche aux racistes pour en appeler au vice de procédure et à l'annulation du procès. Enfin, cette histoire est d'autant plus choquante que c'est une histoire vraie, et que la situation dans cette région des Etats-Unis a à peine changé depuis, en tout cas dans les mentalités.
Un film coup de poing, donc, qui ne peut laisser indifférent. Gene Hackman est génial dans son rôle de flic honnête mais aux manières peu conventionnelles, et Frances McDormand, en femme paumée, est d'une sobriété incroyable.

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15 juin 2007

Chanter n'est pas jouer

S'il y a un phénomène qui me vrille les nerfs en ce moment, c'est bien les acteurs français qui se mettent à la chanson. Ca fait maintenant cinq ans que ça a commencé, et je n'en puis plus. serge_gainsbourg
Je ne compte évidemment pas dedans les actrices qui ont chanté pour Serge Gainsbourg. D'un, parce que souvent l'idée venait de Gainsbourg lui-même, et puis surtout il savait les mettre en valeur et leurs confier des textes sur mesure. Comment oublier les chansons de Jane Birkin, Brigitte Bardot sur Bonnie and Clyde, Isabelle Adjani et son Pull marine, ou Catherine Deneuve sur Dieu fumeur de havanes?
Je n'inclus pas non plus les acteurs américains qui chantent car, malheureusement pour nous petits Français, ils ont à la base une formation beaucoup plus complète au niveau de l'apprentissage du jeu, et savent donc tous (plus ou moins) chanter juste, et même chanter bien. Voir Will Smith ou Jennifer Lopez jongler avec les deux ne me dérange pas du tout... en France, ça ne passe pas... Peut-être manque-t-on de sens du spectacle?...
Ce sujet n'implique pas non plus ceux qui ont prouvé qu'ils savaient vraiment faire les deux depuis longtemps, comme Yves Montand, Annie Cordy, Serge Reggiani, Charles Aznavour (formation musci-hall) ou plus récemment Patrick Bruel, Eddy Mitchell, Vanessa Paradis, Marc Lavoine, Guy Marchand, et j'en passe.
Mais pourquoi tous les acteurs français veulent-ils chanter en ce moment? Tout simplement à cause de ce qu'on appelle depuis dix ans "la nouvelle scène française", ces petits jeunes qui ont pu prouver qu'avec des textes rigolos, pas la peine d'avoir une voix (voire pas du tout de voix) pour vendre des disques, quitte à frôler le ridicule (Vincent Delerm, Bénabar...). Alors eux, acteurs qui ne savent pas chanter, se sont dit : "Pourquoi pas moi?" Ben parce qu'il y a plein de gens très talentueux qui voudraient vivre de leur musique mais n'arrivent pas à percer, et que toi, petit acteur, tu gagnes déjà des milles et des cents et tu piques la place de quelqu'un qui sait vraiment chanter, sous le prétexte d'un petit caprice.
Soyons d'accord tout de suite, à la base, je respecte ces acteurs/actrices sur l'écran, et j'en adore même beaucoup, sauf quelques-uns, mais là je commence tellement à saturer que certains me sont devenus insupportables dès que je les vois quelque part.
Et maintenant, liste la plus complète possible des coupables.

  • Commençons par celle par qui tout a commencé : Carla Bruni. C'est à partir du carton de son album qu'ils ont tous commencé à débarquer. Pourtant, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Carla susurre des textes avec le micro à moitié dans la bouche pour se faire entendre, avec deux accords de guitare derrière elle. Csandrine_kiberlaina a suffi pour lancer une mode, on ne la remercie pas!
  • La pire de toutes : Sandrine Kiberlain. Elle qui avait déjà du mal à tenir une note juste lors des tournées des Enfoirés nous fait un album entier (qui s'appelle Manquait plus que ça, titre fort à propos), avec pour titre-phare La Godiche. Ca se passe de commentaire tellement c'est désagréable à l'oreille.
  • Elie Seimoun : il essaie de relancer une mode (mais y en a-t-il déjà eu une?) de la bossa nova, style musicale qui ne nécessite pas une grande voix, mais au moins un sens du rythme et de la chaleur dans la voix... plantage!
  • Connu pour sa voix grave et sexy, Gérard Darmon n'a pu s'empêcher de pondre son propre opus. On découvre alors que la voix de Darmon a aussi des effets soporiphiques.
  • Agnès Jaoui se lance, elle, dans la chanson espagnole tendance Luz Casal, très loin de son personnage d'actrice engagée et simple qui plaît à tout le monde. Et oui, Agnès Jaoui a aussi un ego!
  • Valérie Lemercier, si elle a sorti son album avant ce phénomène, et si ses chansons sont cohérentes avec son univers décalé, ne peut pas être considérée non plus comme une chanteuse. Elle est responsable dernièrement de la chanson la plus faible de l'album de Christophe Willem.
  • Pour Clara Morgane, finalement, c'est plus cohérent. Déjà qu'elle n'est pas actrice, qu'elle n'arrive pas à être présentatrice, autant qu'elle se plante dans tout les domaines! Bienvenue dans le r'n'b!
  • Charlotte Gainsbourg fait malheureusement son come-back musical en plein dans cette mouvance. Même si elle avait commencé aux côtés de son père (ah... Lemon Incest!!!), la petite n'a pas gagné en voix, et on a presque l'impression qu'elle a du mal à se faire entendre par rapport aux musiciens. Heureusement qu'elle a des gens doués derrière elle.
  • Victoria Abril, elle aussi, se met à la chanson espagnole. Normal, c'est sa langue maternelle. Mais son disque est passé un peu inaperçu...
  • Arielle Dombasle : elle, ça fait longtemps qu'elle chante, mais ça fait longtemps qu'on a envie que ça s'arrête! Après avoir massacré le classique et la chanson espagnole, elle s'attaque aux années doo-wap et pin-up. Vivement qu'elle arrive aux années disco!
  • Ancienne figure emblématique de l'humour des années 80 et des parodies musicales à mourir de rire (mention spéciale à Vice versa de Tranxène 200!), Didier Bourdon se prend au sérieux. C'est bien le seul...
  • Déjà pas très connue dans le cinéma français à force de faire des films d'auteurs, Jeanne Balibar se lance dans la chanson avec sa voix de canard enrhumé. C'est pas par la musique non plus qu'elle se fera connaître.
  • Elisa Tovati essaie désespérément de prouver qu'elle peut être autre chose que Chochana Boutboul de La Vérité si je mens 2. Va falloir encore chercher, parce que chanteuse, c'est vraiment pas pour elle!
  • Tony Parker. Bon ok, il est pas acteur, mais il est tellement grotesque que je pouvais pas le laisser passer!8137
  • Michaël Youn est encore celui qui s'en sort le mieux. Il ne sait pas chanter, mais le revendique, et finalement rappe mieux que certains rappeurs "officiels". Grâce à ses groupes Brastisla Boys, Alphonse Brown, Les Conards et Fatal Bazooka, il est arrivé au numéro 1 des ventes en nous faisant marrer.
  • Clémentine Célarié, qui a fait un disque avec trois de ses enfants. Non seulement elle squatte un studio, mais en plus elle n'engage même pas des musiciens professionnels qui essaient de remplir leur mission d'intermittent du spectacle!
  • Même si elle est apparue dans peu de films (notamment Au coeur du mensonge de Claude Chabrol), Adrienne Pauly se met aussi à la chanson. Rien que l'entendre prononcer cette phrase "J'veux un mec", j'ai des envie de torgnoles qui me titillent la main!
  • Emmanuelle Seigner veut faire du rock de fofolle en compagnie de Ultra Orange, et se fait juste appeler Emmanuelle pour qu'on oublie qu'elle est l'actrice soeur de. Faut pas nous prendre pour des cons non plus!
  • Marie-Amélie Seigner ne surfe même pas sur une mode, mais sur son nom. Bouh l'opportuniste!
J'en ai sûrement oublié, mais c'est vraiment fortuit de ma volonté, parce que je ne veux en louper aucun! En attendant Josiane Balasko qui se mets à la dance et Gérard Jugnot au rap, merci de bien vouloir rester sur vos plateaux!

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