12 juillet 2007
Barbarella
Film de Roger Vadim (1968) avec Jane Fonda, John Phillip Law, Anita Pallenberg, Milo O'Shea, David Hemmings ...
D'après la bande-dessinée Barbarella de Jean-Claude Forest et Claude Brulé
Films de Roger Vadim déjà vus : Et Dieu... créa la femme (1956), Le Vice et la vertu (1963).
S'il fallait ne retenir qu'un film représentatif du mouvement flower power et de l'amour libre, ce pourrait être Barbarella, qui transpire la swinging pop et le psychédélique dans ses moindres détails, que ce soit dans les décors, les costumes, les accessoires, les coiffures, les sons et la musique. Dans ce film tout en moumoute et en plexiglass, Barbarella, officiellement en quête d'un dissident terrien créateur de bombes dans un monde en paix, va surtout suivre un chemin plus ou moins inititique sur lequel elle rencontrera l'amour physique sous toutes ses formes, qu'il soit bestial, cérébral, pur ou sapphique. Roger Vadim met ici en scène sa femme de l'époque (voire du moment), Jane Fonda, toute en choucroute brigittebardotienne et tenues échancrées jusqu'aux nibards, véritable fantasme sur pattes. Bien que poursuivant une mission, la belle reste dans une position très passive pendant tout le
film. Roger Vadim avait besoin d'exposer ses femmes comme des trophées et des objets de désirs. Et s'il a bien créé une deuxième icône du cinéma après la Brigitte Bardot de Et Dieu... créa la femme, il ne rend pas vraiment hommage à la femme moderne en vogue à l'époque.
Ce qu'on peut retenir de Barbarella quarante ans après, c'est que seules les années 60 ont pu créer des oeuvres aussi décousues, décalées et bourrées de charme à la fois. On peut même se demander si l'apparition de Barbarella au cinéma n'a pas inventé la notion de kitsch...
Note qui sert à rien : C'est de ce film que le groupe Duran Duran tire son nom.
06 juillet 2007
Hope Springs (id)
Film de Mark Herman (2003) avec Colin Firth, Heather Graham, Minnie Driver, Mary Steenburgen, Frank Collison ...
D'après le roman New Cardiff de Charles Webb
Films de Mark Herman déjà vus : Les Virtuoses (1998).
Rarement un film m'aura laissé une telle impression de vide. Il ne se passe absolument rien d'intéressant dans ce film. Pourtant adapté d'un roman de Charles Webb, l'auteur du Lauréat, et
bien qu'il y ait effectivement une intrigue, il y a quelque chose qui fait qu'on ne rentre pas dans le film. Il n'y a absolument rien de nouveau, on a même l'impression de déjà vu (et pas seulement les références au Lauréat et à Titanic). Bref, le vide intégral!
03 juillet 2007
L'Homme des hautes plaines (High Plains Drifter)
Film de Clint Eastwood (1973) avec Clint Eastwood, Verna Bloom, Marianna Hill, Mitch Ryan, Jack Ging ...
Films de Clint Eastwood déjà vus : Josey Wales, hors-la-loi (1976), L'Epreuve de force (1977), Honkytonk Man (1982), Sudden Impact (1983), Pale Rider (1985), Le Maître de guerre (1986), Chasseur blanc, coeur noir (1990), La Relève (1990), Impitoyable (1992), Un monde parfait (1993), Sur la route de Madison (1995), Les Pleins Pouvoirs (1997), Minuit dans le jardin du bien et du mal (1997), Jugé coupable (1999), Space Cowboys (2000), Créance de sang (2002), Mystic River (2003), Million Dollar Baby (2004).
Quand Clint Eastwood est passé à la réalisation, il est revenu très vite au genre qui l'avait connaître : le western. Ayant appris à bonne école (chez Sergio Leone), Eastwood profite de son second long métrage pour nous dépeindre la vengeance d'un inconnu sur une ville qui a assassiné son frère. Leone avait joué avec les codes du westerns classiques pour transformer le bon cowboy en anti-héros désabusé. Clint Eastwood va encore plus loin en racontant l'histoire d'un homme qui pourrait paraître le méchant du film. En
effet, celui-ci, dès son arrivée, tue trois hommes sans les connaître, viole une femme, et mets la ville sens dessus-dessous. Alors Clint nous a-t-il fait un film immoral? Bien sûr que non, le bonhomme est trop intelligent pour ça. Allant à l'encontre des valeurs hypocrites de la religion et de la politesse, le personnage principal va faire exploser ce qui maintenait la ville (au sens littéral comme figuré), n'hésitant pas à manipuler tout le monde sous prétexte d'avoir la force pour lui. Eastwood critique ici l'attitude de mouton suiveur d'une population qui vit dans la peur, sans se rendre compte que si elle en faisait l'effort, elle pourrait se défendre elle-même. Dur de ne pas y voir une parabole politique, qui brise les dogmes et le bien-pensant. La déferlante Eastwood débarquait en Amérique, et ne faisait qu'annoncer une carrière exemplaire.
L'Equipier
Film de Philippe Lioret (2004) avec Sandrine Bonnaire, Philippe Torreton, Grégori Derangère, Emilie Dequenne, Anne Consigny ...
Films de Philippe Lioret déjà vus : Mademoiselle (2001), Je vais bien ne t'en fais pas (2006).
Quand un film est tourné pas très loin de chez nous, nous ne le regardons pas de la même façon. C'est pourquoi je me suis, malgré moi, focalisé sur des détails. Dans cette histoire classique du nouveau qui doit s'intégrer à une petite communauté (ici, l'île d'Ouessant en 1963), le réalisateur fait de belles boulettes qu'il aurait pu éviter s'il s'était documenté un minimum. Déjà sur la prononciation des noms : ainsi Le Guen ne se prononce pas "le guène", mais bien "le gouène", et Le Bras n'a jamais été un homonyme du membre, mais se dit "le braz". Et puis pourquoi lorsqu'un filme se passe en Provence ou en Corse, les acteurs font-ils toujours l'effort de prendre l'accent, alors qu'ici, des Bretons de pur souche vivant sur une petite île s'expriment comme s'ils
sortaient du Conservatoire?! Là où le film voit juste, c'est dans le caractère renfermé et réfractaire des insulaires à l'égard des étrangers. À ce titre, Philippe Torreton joue son personnage avec une justesse appréciée. Mais alors pourquoi toutes ces accolades et embrassades, manifestations d'affection très peu courantes et très récentes dans nos contrées? Et puis Sandrine Bonnaire ne semble pas s'être décidée sur la façon d'aborder son rôle, passant de l'intériorité à l'hystérie. Heureusement que Grégori Derangère et Emilie Dequenne insufflent un vent de fraîcheur dans ce drame somme toute assez banal et caricatural. De plus, personne ne m'a contacté pour apparaître dans le film dans un petit rôle, ou même pour de la figuration, et ça c'est inacceptable!...
25 juin 2007
Saw (id)
Film de James Wan (2004) avec Cary Elwes, Danny Glover, Leigh Whannell, Monica Potter, Ken Leung ...
Films de James Wan déjà vus : aucun.
Depuis le temps que j'en entendais parler de ce film, il était temps que je le vois : c'est chose faite. Est-ce vraiment le film ultime qui fait super peur et tout? Non. Est-ce que j'ai été déçu par ce film? Non plus. Saw est un petit bijou de perversité, qui joue avec nos intestins et nos angoisses. Dans ce film, un serial killer s'amuse à mettre en situation des personnes qui doivent tuer quelqu'un d'autre, ou aller à l'extrême de leur capacité, pour survivre. Tout ceci dans le but de leur montrer ce que c'est réellement vivre. On est bien d'accord, ce type est complètement givré. Pourtant, l'idée n'est pas si idiote en soit. Combien de journées
dans notre existence avons-nous vraiment vécues, pendant lesquelles on a ressenti un réel bonheur d'être en vie? Finalement, très peu. Et quand peut-on mieux apprécier notre vie qu'au bord de la mort? Un film qui dérange, certes, parce qu'il nous oblige à avouer une part d'insupportable, mais qui nous interroge sur le prix de notre vie, et jusqu'où on serait prêt pour la préserver. En plus de cela, l'intrigue en elle-même est rondement bien ficelée. Ou comment un très bon film tient surtout en ses idées, et non en ses moyens!
Le Visage du plaisir (The Roman Spring of Mrs. Stone)
Film de José Quintero (1961) avec Vivien Leigh, Warren Beatty, Lotte Lenya, Coral Browne, Jill St. John ...
D'après le roman Le Printemps romain de Mrs. Stone de Tennessee Williams
Films de José Quintero déjà vus : aucun.
Adapté d'un des rares romans de l'auteur, Le Visage du plaisir traite de la solitude dans la vieillesse, mais aussi de la sincérité des relations chez les gens fortunés. D'après Tennessee Williams, ce film était sa préférée des adaptations ciné de ses oeuvres, et pour cause, le personnage de Mrs. Stone, interprété par Vivien Leigh, est probablement celui qui ressemblait le plus à son créateur. Pourtant, malgré une matière première probablement riche et l'interpétation de Vivien Leigh, on a du mal à se laisser aller dans ce film. Le réalisateur, qui signe ici sa seule incursion dans le cinéma, était un grand metteur en scène de théâtre. Le problème, c'est qu'il a dû oublier de réviser ses cours sur le rythme cinématographique, car son film est d'une chiantise son nom. De plus, Warren Beatty incarne un italien peu crédible, et n'a pas l'air spécialement à l'aise avec son rôle, au contraire de Lotte Lenya, qui elle en fait des tonnes. Ce film est d'un pessimisme plombant, on n'arrive même pas à compatir pour l'héroïne. Je pense que le roman en vaut plus la peine (en tout cas, je l'espère!).
Boulevard de la mort (Death Proof)
Film de Quentin Tarantino (2007) avec Kurt Russell, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Jordan Ladd, Rose McGowan ...
Films de Quentin Tarantino déjà vus : Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (1994), Jackie Brown (1997), Kill Bill : vol.1 (2003), Kill Bill : vol.2 (2004).
Après l'événement qu'avait été le dyptique de Kill Bill, j'estimais que Tarantino avait mis la barre tellement haut qu'il aurait du mal à me surprendre. C'était mal jugé le bonhomme! Le réalisateur fait de ce film un hommage, plus que ses précédents opus, aux films de genre de série Z qu'il affectionne particulièrement. Il en a même repris les sautes d'images, les fautes de raccords et autres aberrations scénaristiques. Le film reprend deux fois le même schéma : on suit d'abord les réunions désoeuvrées d'une bande de jeunes femmes libérées, sous la surveillance d'un homme plus que louche, qui s'est donné pour mission de les éliminer sur la route à l'aide de sa voiture. Tarantino filme l'ennui de ces filles de façon passionnante, au fil de leurs conversations d'une grossièreté sans nom, mais qui sonnent tellement naturelles, grâce au jeu des comédiennes, toutes parfaites et au diapason. Ces scènes langoureuses et fascinantes jouent avec les nerfs du spectateur, qui n'attend qu'un seul moment, celui où elles devront irrémédiablement prendre la route, et ainsi devenir les proies d'un
cascadeur psychotique dont on ne connaîtra jamais les motivations. Si ce n'est quelques accessoires contemporains (un portable, un lecteur MP3), on se croirait vraiment au coeur d'un film des années 70. Tarantino s'est donné beaucoup de mal pour donner un look cheap à son film. Il s'en dégage un charme incroyable, des montées d'adrénaline super efficaces, et un finale ô combien jouissif. Tout ceci, bien sûr, agrémenté d'une bande-son comme seules Tarantino sait les dénicher. Encore un film en passe de devenir culte à mettre au palmarès de ce réalisateur qui n'a pas fini de nous surprendre.
Faussaire (The Hoax)
Film de Lasse Hallström (2006) avec Richard Gere, Alfred Molina, Hope Davis, Marcia Gay Harden, Stanley Tucci ...
D'après le livre The Hoax de Clifford Irving
Films de Lasse Hallström déjà vus : Gilbert Grape (1993), Amour et mensonges (1995), L'Oeuvre de Dieu, la part du Diable (1999), Le Chocolat (2000), Terre-Neuve (2001).
Ce film s'inspire d'une histoire vraie : dans les années 70, un écrivain que personne ne veut publier a l'idée de faire croire à tout le monde qu'il est en rapport avec le milliardaire Howard Hughes, homme des plus mystérieux, afin d'écrire l'autobiographie de la star. Même si le jeu des acteurs est honnête (Richard Gere abandonne quelques-uns de ses tics
prettywomaniens, et Alfred Molina est énorme, comme d'habitude), ce film ne peut s'empêcher d'avoir des airs de déjà-vu. Déjà que le scénario nous laisse deviner aisément la fin dès le départ, l'histoire de Clifford Irving étant plus ou moins connue, mais le déroulement de l'intrigue semble s'être inspirée de pleins de films du genre, sans en pouvoir en citer un seul en particulier. Bref, c'est pas déagréable à regarder, mais on a quand même bien du mal à repérer des moments vraiment excitants ou passionnants.
La Chatte sur un toit brûlant (Cat on a Hot Tin Roof)
Film de Richard Brooks (1958) avec Elizabeth Taylor, Paul Newman, Burl Ives, Jack Carson, Judith Anderson ...
D'après la pièce La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams
Films de Richard Brooks déjà vus : Bas les masques (1952), La Dernière Fois que j'ai vu Paris (1954), Graine de violence (1955), Les Frères Karamazov (1958), Elmer Gantry, le charlatan (1960), À la recherche de Mr. Goodbar (1977).
Ne vous étonnez pas si vous voyez encore venir des critiques de quelques adaptations cinématographiques des oeuvres de Tennessee Williams sur ce blog, je viens d'acheter un coffret de DVDs consacrés au dramaturge. Et même si j'en ai déjà vu quelques-uns avant (Un tramway nommé Désir, La Chatte sur un toit brûlant), ça me permet de les apprécier de nouveau, et de pouvoir aussi en faire une petite critique ici.
Loin du milieu populaire dans lequel baignait le duel Vivien Leigh/Marlon Brando, Richard Brooks a choisi La Chatte sur un toit brûlant, conflits dans une famille de grand propriétaire du Sud des Etats-Unis, à la veille de la mort du fondateur de l'empire. Conflits au pluriel, car en effet, deux intrigues se déroulent et s'emmêlent : d'un côté une bagarre familiale, qui oppose Brick (Paul Newman) à sa famille, et notamment à son père, mais aussi une affaire de couple entre Brick et son épouse Maggie (Elizabeth Taylor). Cette adaptation dépeint exactement l'idée que je me fais de l'univers de Tennessee Williams : des êtres incompris
, qui souffrent souvent d'une pathologie psychologique qui les bouffe (il est souvent question d'homosexualité latente, exprimée plus ou moins explicitement), et en conflit avec ses proches. La fin de ce film est néanmoins moins noire et ambiguë que celle de Un tramway nommé Désir, mais les personnages n'en choisissent pas pour autant le chemin le plus facile pour régler leurs différends. Comment faire face à ses propres démons? Comment trouver sa place dans le monde et au sein des siens? Voici les ingrédients de ce film passionnant et jouissif, qui brise la bienséance et l'hypocrisie généralisées, de mise dans notre société moderne.
21 juin 2007
Taking Lives - Destins violés (Taking Lives)
Film de D.J. Caruso (2004) avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Kiefer Sutherland, Gena Rowlands, Olivier Martinez ...
D'après le roman Destins violés de Michael Pye
Films de D.J. Caruso déjà vus : aucun.
Je ne sais pas encore pourquoi je suis friand des films de serial killers, il y en a tellement peu de bons. C'est donc quand même avec enthousiasme que je me plongeai dans ce film. La première scène était prometteuse : on assiste au premier meurtre du tueur, alors encore un adolescent. Puis on arrive de nos jours, lorsque la police de Montréal retrouve un corps dans un chantier, et un témoin qui aurait tout vu. Le problème, c'est qu'on d
evine plus ou moins la fin dès le début, on se demande juste comment ils vont y arriver. En fait, tant que l'enquête est en marche, ça reste intéressant, même si Angelina Jolie, telle Lara Croft en tailleur pantalon, n'a qu'une seule expression botoxée pendant tout le film. Le pire réside dans la dernière demie-heure, lorsque qu'ils nous refont le coup mille fois vu au cinéma du : "Ah putain, c'était pas lui, c'était l'autre!!!" Sauf que non, ça marche pas, et on se dit qu'un tueur en série qui a réussi à vivre pendant vingt ans sans se faire prendre, ne va pas mordre à l'hameçon d'un piège aussi grossier que celui de la fin. Ca se laisse regarder, mais pas deux fois!

